21/02/2008
Souvenirs : 18 fevrier 1992

18 février 1992. Une date qui restera sans doute longtemps encore dans ma memoire. ADO est au pouvoir, une marche est déclenchée pour protester contre la tuerie et les barbaries perpétrées contre les étudiants de Yopougon et surtout l'attitude désinvolte du vieux, qui refuse de sanctionner les coupables courageusement désignés par l'un des seuls incorruptibles qu'ait jamais connu ce pays, le Juge HOGUIE Camille. Wodie et les autres planqués en politique se débinent, Koudou et Simone restent et marchent en tête.
La suite, on la connait. Koudou échappe a un assassinat, la balle qui lui était destinée le rate et après avoir ricoché sur le macadam, fait éclater la rotule d'une dame qui le suivait. Traque, arrête et sauvagement battus il manque encore d'y laisser sa vie. Simone est encore plus touchée. Puis vient l'accusation, grotesque et puérile des juristes du PDCI, qui ne trouvent rien d'autre que de pondre, dans la précipitation, la fameuse Ordonnance no 92-80 du 17 février 1992 portant répression de certaines formes de violence, réplique de la loi française anti-casseurs qui instaure, contre tous les principes juridique, une responsabilité pénale du fait d'autrui, l'instigateur d'une marche devenant pénalement comptable des dégâts survenus pendant la marche, autant dire causes par les infiltres.
Cette ordonnance, forgée a posteriori pour les besoins de la cause et prétendument signée la veille de la marche par un président Houphouët-Boigny déjà bien malade et a l’étranger, n'était en réalité qu'un faux grotesque, une véritable forfaiture de la part de Ouattara, qui démontrait déjà sa propension a recourir a la contrefaçon et aux raccourcis de toutes sortes pour parvenir a ses fins. Seul un esprit profondément malhonnête et amoral pouvait en effet tomber aussi bas.
Prise après les évènements mais antidatée, cette ordonnance constituait le fondement de la poursuite alors que, n’ayant jamais été publiée, elle ne pouvait être opposable aux prévenus. Coincé par l’évidence, Ouattara a donc du y renoncer pour faire recours a la co-action, notion totalement inapplicable a la cause, mais que nos juges, encore une fois, se sont empressés de retenir : l’ordre était d’emprisonner, ils l’ont fait, mais avec Gbagbo, la loi, leur indépendance et leur crédibilité se sont aussi retrouvées a la MACA.
Le procès, j’y étais. C’est la que pour la première fois j’approchais Gbagbo. Homme de grand charisme, revêtu d’une autorité naturelle ( ?), ses qualités d’orateur ont cantonné le collectif d’Avocats aux batailles sur les questions de procédure et de droit. Une fois qu’il eut parlé, il n’y avait plus « match ». Je revois Mme MAZOIN Thérèse, complètement dépassée par les événements, laisser transparaître une certaine panique lorsque le premier Avocat achève sa plaidoirie en citant Esaie 10 : « Malheur à ceux qui prononcent des ordonnances iniques, Et aux magistrats qui transcrivent des arrêts injustes, Pour refuser justice aux pauvres, Et ravir leur droit aux malheureux de mon peuple »
Tel Joseph, Gbagbo entrait dans l’épreuve. Il en ressortira vivant, grandi et parviendra au pouvoir.
Laurent, Koudou, Gbagbo, qu’as-tu fait de ce temps ou, comme Joseph, Dieu t’éprouvait et t’équipait pour conduire son peuple dans l’ordre et la Justice ?
Ephésiens 5:14 C’est pour cela qu’il est dit: Réveille-toi, toi qui dors, Relève-toi d’entre les morts, Et Christ t’éclairera.
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