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18/04/2008
Césaire au Panthéon : le dernier outrage

Alors que le Baobab vient a peine de se coucher, et que la poussière soulevée par sa chute l’enveloppe encore, des voix opportunistes s’élèvent de la métropole coloniale, criant « Césaire au Panthéon ! », telles celles qui réclamaient la canonisation immédiate de Jean-Paul II en hurlant place Saint Pierre : « Santo subito ! ».
Césaire était tout sauf un collaborateur de la France colonialiste qui asservissait son peuple de Martinique. Incisif, virulent, véhément dans son discours sur le colonialisme, traite prophétique que tous les Africains devraient lire et relire pour ne jamais oublier que la bête est la, bien vivante, et son souffle caresse notre nuque qu’elle brisera d’un coup net, quant il en sera temps.
Césaire était un résistant farouche, intransigeant. Même l’age n’a pas eu raison de son engagement. Ses idées sont restées vertes et puissantes, le tenant debout alors que le poids des ans lui courbait l’échine. Sarkozy, qui lui fait aujourd’hui des funérailles nationales l’a appris à ses dépens.
Un homme entier, pétri de conviction. Un homme droit. Une âme pure.
Césaire n’a pas besoin de la reconnaissance de la France qui a asservi ses semblables.
C’est plutôt la France qui, en mal d’honneur, tente de s’approprier le sien.
Ce Césaire-la n’aurait jamais accepté que la France colonialiste et liberticide s’empare, tel un charognard, de son cadavre pour le dissimuler dans les sombres entrailles de cette fosse commune et se glorifier de son souvenir.
Césaire est déjà au Panthéon, celui qui n’est pas fait de main d’homme. Le Panthéon des hommes justes et droits. Des hommes fiers et libres.
Non, la place de Césaire est dans le sol de sa Martinique natale, cette petite terre qui a vu naître un si grand géant !
"Entre colonisateur et colonisé, il n'y a de place que pour la corvée, l'intimidation, la pression, la police, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies.
Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui transforment l'homme colonisateur en pion, en adjudant, en garde-chiourne, en chicote et l'homme indigène en instrument de production.
A mon tour de poser une équation : colonisation = chosification.
Aime Césaire, extrait du Discours sur la colonisation
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Commentaires
C'est tellement vrai et beau ce que vous avez écrit !!!
Ce serait humilié ce grand homme que de laisser les bourreaux de ces pères s'approprier de lui alors que sa dépouille mortelle est encore chaude. Il vaut mieux que ça et n'a besoin que de la reconnaissance de ceux pour qui il s'est battu.
Je lui avais fais un clin d'oeil le 10 Avril 2008 dans un des mes articles et ayant eu échos de son état de santé le
14 Avril 2008, je lui ai rendu hommage avec un autre.
Hier, il a traversé le fleuve...
Comme il l'écrit dans la tragédie du Roi Christophe:
"
Le Roi est mort!
TAMBOURS LOINTAINS, de colline en colline
Le Feu s'est éteint dans la maison
Le grand feu dans la grande maison
Le Roi est mort!
"
Pour le paraphraser je dirais, Cesaire est mort, Vive Cesaire !!!
Mes articles du 10 et 14 Avril concernant Aimé Cesaire:
http://claudus.ivoire-blog.com/personne_de_valeur/
http://claudus.ivoire-blog.com/afrique_mon_afrique/
Ecrit par : Claudus | 18/04/2008
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