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12/12/2008

Mugabe, Sarko, le cholera et la vache folle

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Personne ne peut contester a Mugabe son calme et sa constance, même si l'on le déteste.
Par contre, l'on voit que pour d'autres Chefs d'État ou personnalités qui prétendent diriger le monde, le calme du vieux "dictateur" est source de court-circuit : le petit Sarkozy, président de la France, pays dont on sait qu'il n'a jamais gagné une seule guerre et reconvertie pour cela en spécialiste des coups fourrés et tordus chez les nègres (ça na marcherait nulle part ailleurs...) vient de péter les plombs en "sommant Mugabe de partir", selon "Le Monde", le menaçant, a mots a peine couverts, d'une intervention militaire.
Condo-Leeza Rice a dit a peu près la même chose sans que cela ne prête a rire, mais que Sarkozy, aussi, s'en mêle et sur ce ton, est vraiment insupportable, tout en étant d'un comique certain...
Pour avoir vécu, entendu et souffert de toutes les énormités que la communauté internationale a déblatéré en continu sur mon pays et son président, sur ses forces loyalistes et sur son peuple en proie a une attaque sauvage et sanguinaire de rebelles encensés, adulés et absous, je suis devenu - peut-être a tort -insensible a toutes les campagnes médiatiques qui sont déroulées contre Mugabe. Je n'accorde plus aucun crédit a ces journalistes fonctionnaires du Quai d'Orsay et a leur officine de propagande qu'est RFI, tout comme BBC, VOA et tous les autres:
Si Mugabe est un dictateur, et bien que son peuple s'en sépare !
Mais de grâce, que personne et surtout pas ceux qui par dépit et vengeance contre ce vieillard qui a osé redistribuer la terre de ses ancêtres confisquée par une poignée de descendants de colons a des milliers de sans-terre l'ont étouffé et son peuple avec, ne prétende tirer partie d'une épidémie ravageuse de choléra pour justifier une intervention militaire et chasser le vieux de son siège !
Des africains, de la race de ceux qui dans ce pays, ont cherche des appuis extérieurs pour se hisser a tout prix au pouvoir, applaudissent aux sentences de la communauté internationale qui prétend aujourd'hui décider de chasser un Chef d'État en exercice du pouvoir pour cause d'épidémie de Choléra et le remplacer, enfin, par son poulain Tswangirai !
Quel aveuglement !
Comme le Vieux vient de répondre a Sarkozy, c'est bien la première fois dans l'Histoire que l'on ferait une guerre pour cause de maladie, précisant que ce qui vaudrait pour le choléra devrait aussi valoir pour la maladie de la vache folle !
Mugabe n'a pas dit si ce terme visait bien les mammifères nommés ou le locataire de l'Elysee himself...

Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi.

François Mitterrand

14/10/2008

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Bon. après avoir glosé sur les migraines des autres, intéressons nous à celle qui laboure nos pauvres crânes en cette période électorale : qui choisir parmi ces candidats qui se bousculent pour avoir nos suffrages, mis à part bien sûr Soro qui n'est pas - cette fois - candidat, du moins pour l'élection officielle. (soit-dit en passant, quelqu'un pourrait-il m'expliquer sa posture ?)

Dans le désordre nous avons :

Bédié, alias N'Zuéba : héritier présomptif éconduit par Gueï Robert, lui-même en mission commandée par qui vous savez, il languit de récupérer son siège (Akan) et tout l'or que la soldatesque lui aurait dérobé à Daoukro et Kukuran'Dumi (orthographiée a dessein comme cela...). Remercié publiquement par FHB pour surfacturation, l'on connaît désormais la (mauvaise) réputation qui lui colle à la peau : il a mangé trop d'arachides et son appétit se serait plutôt aiguisé ces derniers temps... Lui confier les clés du trésor pourrait nous coûter très cher, sans compter que ce serait renouer avec 40 années d'un pouvoir PDCI, vieux parti revanchard qui n'a pas fait sa mue et considère encore la Côte d'ivoire comme sa propriété. entré en alliance objective avec la rébellion politique au sein d'un RHDP constitué sous les auspices et l'adoubement de la France, notre ennemie commune et permanente, il a aussi commis l'erreur de lier son destin avec la rébellion militaire en militant contre le pays au sein du G7. Sa base électorale traditionnelle (Centre) a le plus souffert des atrocités commises par les rebelles. L'on se souvient de la mise à mort des danseuses d'Adjanou à Sakassou, qu'il a eu beau jeu de condamner a posteriori, au moment où il a le plus besoin des voix des survivants mais personne dans ce coin n'oubliera qu'il a endossé ces crimes en s'alliant avec la rébellion.

Alassane Ouattara, l'héritier présomptueux. ADO pour ses ouailles, je le surnomme affectueusement Jolly Jumper pour son habileté (internationalement) reconnue à grimper les murs de clôture des ambassades quand il s'agit de se mettre à l'abri. Parachuté en politique et en Côte d'Ivoire par une erreur magistrale de FHB, concédée apparemment sur l'oreiller à son ex qui deviendra l'actuelle d'ADO, il a voulu entrer par effraction au Palais et s'asseoir sur un fauteuil présidentiel encore chaud après le décès de son bienfaiteur, à qui il avait pourtant juré de ne JAMAIS s'impliquer dans la politique de ce pays. Habituel des raccourcis, il organise une résistance éphémère avec Yacé pour tenter de capter l'héritage de N''Zuéba qui refusera de s'en laisser conter : exit donc ADO qui subit ensuite une vendetta en règle de son rival et jure de se venger en éructant "je frapperai ce régime et il tombera". La suite on la connaît, ainsi que son cortège de morts, de violences, d’humiliations pour la nation tout entière. Père et bénéficiaire de la rébellion qui reprend à son compte tous ses thèmes accusateurs d’exclusion, de xénophobie et de « racisme » anti-musulman pour justifier sa prise des armes, il en obtient – à défaut du pouvoir – ce que le cœur des ivoiriens lui avait toujours refusé, le droit de se présenter à l’élection présidentielle. Le voici donc devant nous, celui qui était autrefois citoyen Voltaïque, puis Burkinabé, et se retrouvant aujourd’hui ivoirien, demain peut-être Japonais comme Alberto Fujimori son alter ego (ex)Péruvien… Donner nos suffrages à ce despérados, qui a renié sa patrie serait suicidaire…

Gbagbo, alias Garçon pile! : courageux, intrépide, outsider sorti des urnes censées départager les deux héritiers qui auront finalement été empêchés de participer aux élections, il est arrivé au pouvoir grâce à une réaction du peuple contre le « bluff » de Gueï. Depuis, il a dû faire face à la furie des héritiers qui, oubliant pour un temps leurs rancœurs, se sont associés avec la France et ses satellites pour instrumentaliser l’ONU et la communauté internationale dans une opération de déstabilisation inédite avec pour objectif de virer cet « ex-taulard » par tous les moyens. La conspiration locale et internationale s’est révélée être un cuisant échec pour ses inspirateurs et ses bénéficiaires grâce à la combativité et à la roublardise de cet « animal de brousse » comme il aime à se désigner lui-même. L’ex-pensionnaire des geôles de Séguéla et de la MACA les a tous usé et s’est maintenu au pouvoir même au-delà de son mandat. Fin politicien, il s’est pourtant révélé un piètre gestionnaire de la chose publique. Ayant juré de démystifier le pouvoir, il l’a ramené sur les trottoirs, en le dépouillant de tout ce qui en fait la force, au point de lui-même de se discréditer aux yeux de ses pairs et de son peuple par des attitudes et des actes peu réfléchis. Champion des bourdes monumentales dans sa communication, il laissera des souvenirs impérissables dans la mémoire des téléspectateurs qui l’auront vu pieds nus dans une chambre présidentielle au lit défait et en train de danser le coupédécalé à la rue princesse pendant que le peuple s’échinait à crier sa misère face à l’envolée du coût de la vie. Trop politicien, il s’est trop vite coupé de son peuple dont il a, semble-t-il, oublié les difficultés. Incapable d’instaurer l’ordre dans la partie du pays dont il a conservé le contrôle ( ?) il a laissé la gabegie, la corruption et l’immoralité s’installer et prendre racine : les nombreux immondices qui jonchent les rues d’Abidjan et d’ailleurs ne sont que l’expression de l’état de pourrissement avancé – certes amorcé avant lui - atteint par notre société sous son règne et que seule la guerre ne suffit pas à expliquer. Homme de la résistance, j’ai peine à croire qu’il puisse se révéler un bon dirigeant pour notre pays, même en temps de paix !

Alors bonjour la migraine devant les urnes, quant il s’agira de choisir entre la peste, le sida et le choléra : les trois maladies sont mortelles, mais certaines laissent plus de chances d’en réchapper que d’autres.

A vous de voir…